Démarche artistique

« Quand je suis en train de travailler, j’ai souvent le sentiment d’écrire un poème.
Un poème qui ne s’arrêterait jamais.
Il me semble que cette vision poétique nous manque terriblement aujourd’hui. »

Hors du temps, échappant délibérément aux tendances, mon travail est influencé par ce qui touche à la vie, à l’intemporel, quand l’instant n’a de sens que comme résultat de tout qui le précède depuis la nuit des temps.

Qu’il s’agisse de peinture, de sculpture ou même d’écriture, je recherche le geste direct, à la fois méditatif et pulsionnel.

Je tente de bannir toute intervention du mental, et de privilégier la sincérité, la spontanéité, sans complaisance pour les tendances et les modes.

Ce sont, pour moi, les conditions de l’authenticité.

« M’inscrire dans tel ou tel mouvement, chercher à plaire, à surfer sur les tendances du moment me semble futile et inintéressant, stérile et malhonnête.
Il me faut assumer ce choix. Ce n’est pas toujours facile »

« L’évolution de ma pratique artistique je la vois plutôt comme un chemin, un cheminement, une aventure sensible.
Notre époque de zapping omniprésent nous pousserait à chercher la nouveauté pour la nouveauté. Une sorte de fuite en avant, de peur du vide peut être qui se traduit par une pression forte dont j’essaye de faire abstraction.
Je n’ai pas envie de participer à cette foire-là, c’est très clair pour moi. »

« L’évolution de mon travail, n’est jamais que l’enchainement de pas nouveaux sur le chemin. Une marche, une
démarche. Une recherche aussi. »

« J’aimerais que mon travail entre en résonnance avec ce que nous portons en nous d’authentique et d’originel. Loin du bruit. »

Une autre caractéristique de mon travail serait sa diversité.

« Parce que la vie est mouvement, j’ai besoin, dans la continuité, de voir avancer mon travail, de chercher, d’essayer, de laisser de
nouvelles traces sur les murs.

Chaque nouveau pas c’est comme traverser un gué.
Ce n’est pas toujours confortable. Mais la répétition m’effraye et m’assèche. »

«On fonctionne comme on peut. Et moi j’ai besoin pour me renouveler, pour me développer, de fonctionner toujours différemment d’une chose à l’autre, sans esthétique a priori… Ce qui importe c’est que ce soit juste.»

Nicolas de Staël

L’ensemble de mon travail intègre aussi bien la peinture, la sculpture, le dessin que l’écriture.

Cette diversité est toute relative et relève au final d’une même démarche, globale et cohérente, issue d’un même creuset.

« La pratique de disciplines aussi différentes me permet de trouver une forme d’équilibre, de marcher sur mes deux jambes ! Pour moi, elles se complètent et se nourrissent. »

SCULPTURE

La verticalité est très présente dans mon travail de sculpteur. La verticale n’est pas pour moi une référence géométrique : C’est une dynamique, un élan de vie.

« Je me dis, qu’entre ombre et lumière, l’Homme est une ligne en quête de verticalité. »

La surface de mes sculptures est marquée du passage du temps, scarifiée parfois brûlée. Une quête de l’essentiel.

« J’essaye de sculpter des silences »

La dimension tactile, sensuelle, est également importante. « Il y a l’œil et il y a la main, c’est sous la main posée que palpite la vie. »

PEINTURE

En sculpture le travail est un processus lent et contraignant au cours duquel garder sa spontanéité est souvent éprouvant . La peinture et le dessin offrent, comme une bouffée d’air, la possibilité d’une plus grande immédiateté.

Le geste pulsionnel, primitif, peut alors s’exprimer de façon quasi instantanée. Du moins au départ … car généralement, après un certain temps, c’est le tableau ou le dessin qui prennent la direction
des opérations !

Les fonds de mes toiles est une superposition de couleurs grattées, usées, poncées. Sur ces fonds, comme sur un mur ancien, j’inscris, pulsionnels, l’écriture, le signe, le graphisme et le rythme, des
symboles et des clins d’œil …. La vie.

« Face à un mur très ancien, j’ajoute ma propre empreinte. C’est pulsionnel, rythmique, presqu’animal. Vital. »

QUEL MESSAGE, QUELLES CONVICTIONS, QUEL SENS ?

Le trouble, et la révolte ressentis face à des faits comme la place de l’humain dans notre société, la solitude, la violence, la perte du sens …

Dans cette quête de sens, je tente (avec humilité !) de redonner humanité, élan, force et joie en « plaçant des guirlandes sur les ruines des maisons », en tentant de renouer avec cette dimension intemporelle dans laquelle nous nous inscrivons.

Mon travail serait un pied de nez optimiste à l’absurdité, à la cruauté, à la superficialité et au cynisme ambiants.

Ceci peut expliquer l’élan et la verticalité de mes sculptures, le côté pulsionnel et le rythme de mes toiles et dessins, dans une tentative
de renouer avec la force et le sens d’une vie qui, au-delà de ce que nous lui infligeons, n’abandonnera jamais.

« Mettre des formes et des couleurs là où les mots sont devenus impuissants ou inexistants, voire inutiles. »